Nouveauté #OSSPARIS16 : la dimension FORMATION pilotée par Fatiha Gas

Spécificité propre à cette édition de l’Open Source Summit, nous avons estimé important d’ajouter une dimension “formation”. Transverse à l’ensemble du programme, elle alimente les différents projets en cours, tant en renforçant l’implication des étudiants qu’en adressant la question de l’emploi (compétitivité et diversité de la filière, reconversion, etc.).  Elle est menée par Fatiha Gas, Vice-présidente en charge de la formation et directrice de l’ESIEA, qui présente sa vision et ses objectifs ci-dessous.

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L’édition 2016 de l’Open Source Summit s’inscrit résolument dans le développement et la mise en valeur de l’innovation ouverte.

Mais au-delà de l’innovation, tout semble être destiné à cette ouverture : les données, les gouvernements, les logiciels et bien d’autres thématiques encore.

Pour ce qui concerne les logiciels en particulier, les formations utilisant les outils du libre ne sont pas pléthoriques et les étudiants familiarisés avec ses outils encore trop peu nombreux.

Mais comment pourrait-il en être autrement lorsque le marché est inondé d’outils propriétaires et que seules les grosses entreprises ont les moyens humains et financiers de nouer des partenariats stratégiques avec les institutions de formations.

Les étudiants, au cours de leurs formations, ne sont aujourd’hui que très peu exposés aux outils et logiciels libres. Ils connaissent le plus souvent beaucoup mieux les outils propriétaires. Comment dans ces conditions leur demander, lorsqu’ils sont en poste, de faire des choix éclairés ? Comment peuvent-ils exercer leur esprit critique et choisir la « meilleure » solution eu égard aux enjeux auxquels leur entreprise ferait face ?

Au-delà de cette méconnaissance pénalisante dans un contexte de choix de solutions adaptées, les jeunes ignorent totalement l’esprit et les valeurs véhiculées dans la communauté du libre, des valeurs de partage, d’entraide et de solidarité. Bien entendu, les geek de la communauté sont un peu comme les autres, fiers de leur savoir et de leur maîtrise de la technique, utilisant un jargon favorisant l’entre soi. Mais il n’en demeure pas moins qu’ils restent résolument tournés vers l’autre, dans une volonté de développer la meilleure solution pour le plus grand nombre.

Dans un contexte économique porteur de messages peu rassurants pour les jeunes, le constat d’un repli sur soi, d’une consommation rapide et immédiate répondant à l’injonction de « se faire plaisir », d’un développement d’applications répondant à des besoins simples de consommation ou de facilitation de la vie au quotidien, nous pousse à penser que nous devons agir pour amener nos jeunes à imaginer des solutions pour tous, mais aussi, et surtout, pour les plus démunis, les plus défavorisés, les plus isolés, sur des sujets liés au développement sociétal.

Ne nous leurrons pas, cette jeunesse, qualifiée de génération Y ou Z selon sa tranche d’âge, bien qu’elle ne soit pas prête à sacrifier sa vie personnelle à un idéal professionnel qu’elle sait définitivement vain, est foncièrement généreuse et préoccupée par l’avenir de sa planète. Elle fait également preuve d’une grande créativité et de beaucoup de pragmatisme.

J’ai souhaité, en tant que Vice-Présidente formation, mettre les jeunes en situations leur permettant de découvrir les outils du libre, et de proposer des solutions liées à des enjeux sociétaux. Ainsi, les étudiants pourront confronter leurs idées au cours d’une série de hackathon, chacun ayant une thématique sociétale ou humanitaire bien définie.

Les thématiques qui ont été retenues sont : la silver economy, la fracture numérique, l’éducation des enfants dans les pays en développement, le développement durable en Afrique notamment.

Une table ronde, réunissant quelques grands noms des monde du libre et propriétaire, ainsi que des acteurs de la formation, sera également organisée pour sensibiliser les différents acteurs aux enjeux de la formation d’aujourd’hui.

 

Fatiha Gas, Directrice de l’ESIEA

Vice-Présidente en charge de la formation pour #OSSPARIS16

 

A propos de Fatiha Gas:

Après un doctorat d’algorithmique pour la vision par ordinateur, j’ai intégré une grande école d’ingénieur et y ai occupé de nombreux postes de direction. Je me suis intéressée à la problématique du management pour des étudiants ingénieurs. Et après avoir entrepris moi-même d’étudier le management des entreprises à l’IAE de Paris, j’ai conçu des cursus de formation spécifiques alliant management et technique. En 2008, j’ai créé un laboratoire de recherche et y ai impulsé des activités liées à des problématiques clés en réseaux, en systèmes d’information, en calcul hautes performances et en interfaces tactiles. J’ai managé des équipes de chercheurs et ai contribué à la création d’un groupement d’intérêt scientifique avec un autre laboratoire.

En 2012, j’ai créé une entreprise de conseil, 2LinkUp, qui a pour objectif de favoriser les synergies entre le monde académique et le monde des entreprises, en proposant d’accompagner les entreprises dans la création de partenariats d’enseignement et recherche avec des universités et des écoles d’ingénieurs. Passionnée d’innovation, j’ai été experte pour le pôle de compétitivité Cap Digital. Particulièrement intéressée par les problématiques des femmes et de la diversité, je suis membre du bureau de Femmes du Numérique qui est une commission du Syntec Numérique qui œuvre pour l’attractivité du secteur du numérique auprès des jeunes filles et des jeunes femmes. Je suis également membre du Conseil d’Administration du Club XXIe Siècle et de l’association les Entretiens de l’Excellence qui encourage les jeunes à se construire un parcours d’excellence et à ne pas s’autocensurer.

Depuis septembre 2013, je dirige le campus de Paris de l’ESIEA, grande école d’ingénieur dans les sciences et technologies du numérique. Je suis également membre du conseil d’administration de l’association Pasc@aline. En 2015, j’ai été promue au grade de Chevalier de l’ordre national du Mérite.