#FlashBack OSSPARIS15 : How Open Source drives innovation? Par Allison Randal

Retrouvez l’intervention “How Open Source drives innovation” d’Allison Randal, présidente de l’Open Source Initiative, lors de l’édition 2015 du Paris Open Source Summit.

Pour Allison Randal, la question du rôle de l’Open Source comme catalyseur de l’innovation est finalement un sujet assez récent. Elle propose, pour explorer ce sujet, de partir de l’histoire du logiciel au travers une analogie avec la propagation des ondes de choc.

Des premiers jours du logiciel au développement fulgurant des modèles propriétaires, fondés sur la vente de licences

Allison Randal compare les effets de la naissance du logiciel – élément nouveau introduit dans un environnement donné – à la propagation d’ondes qui se diffusent de manière régulière dans toutes les directions. A l’époque, le logiciel n’était pas encore « copyrightable », c’est à dire susceptible de protection au titre du droit d’auteur. La perception de la valeur économique du logiciel était donc loin de celle qui prédomine actuellement, réduite au simple hardware. Les années 70 ont vu une accélération marquée du développement du logiciel : les « ondes » convergeaient alors dans une même direction, le logiciel commençant à être perçu dans sa dimension « copyrightable ». Cette zone massive de disruption correspond donc symboliquement au passage du « mur du son » pour le logiciel.

Or, pour Allison Randal, ce mur du son n’existe pas réellement. Il est une illusion : quelques changements technologiques permettent de le traverser facilement, sans difficultés. Il s’agirait donc simplement d’atteindre un niveau technologique permettant de le franchir.

Pendant les années 80, le logiciel est clairement devenu protégeable par le copyright. Les grosses compagnies (Microsoft, Appel, Oracle etc.) ont développé à cette période leurs puissants business models fondés sur la vente de licences. On pensait donc que l’innovation serait dominée par ces logiciels propriétaires, acteurs majeurs de ce tournant disruptif.

Mais déjà à l’époque, et dans les années 90, un ensemble de logiciels « Open Source » se développait.

Du tournant de l’Open Source, alternative crédible aux logiciels propriétaires, à son ascension exponentielle

Les années 2000 ont vu le développement de projets initiés depuis les années 90, comme Debian ou MySQL. Et surtout, ces logiciels ont cessé d’être considérés comme de simple copies : ils ont devancé les logiciels propriétaires. Les innovations majeures (à l’image du web 2.0) en matière de logiciel ont été – et continuent d’être – construites à partir de logiciels Open Source, pour des raisons diverses (économiques, techniques, etc.), et la confiance des utilisateurs n’a cessé de croître.

Pendant cette période, de plus en plus d’entreprises ont commencé à considérer l’Open Source comme une source d’innovation. L’adoption a été massive, à tel point qu’en 2010 il a même été annoncé que lOpen Source avait gagné. Allison Randall souligne que, chose étonnante, cela n’a ensuite cessé de progresser. De plus en plus d’entreprises utilisent de l’Open Source, et au-delà même, contribuent, et envisagent de contribuer encore plus à l’avenir.

Des enjeux économiques cruciaux : le recours obligatoire à l’Open Source

Les enjeux économiques qui sont en jeu ici sont fondamentaux. Une entreprise qui se retrouve dans la situation où ses concurrents utilisent le potentiel de ce corps croissant d’innovation ouverte, et choisit de ne pas entrer « dans le jeu » et continue à dépenser des sommes considérables pour des licences, sera nécessairement en retrait.

L’Open Source devient donc incontournable : tout acteur désireux de se faire une place dans le monde des TIC doit s’ouvrir aux potentialités offertes par l’Open Source.

Quel horizon pour 2020 ? La participation et le cercle vertueux de l’Open Source

Utiliser l’Open Source est donc la condition minimum pour se faire une place dans le secteur des TIC. Mais utiliser l’Open Source n’est pas suffisant pour profiter pleinement des avantages qu’elle peut conférer. Le prochain virage clé est donc celui de la participation, conférant aux acteurs un avantage compétitif de taille. Si une entreprise contribue, ses bugs sont réparés plus rapidement, elle obtient les fonctionnalités qu’elle souhaite, etc.

C’est pour ces raisons qu’il est possible d’affirmer que l’Open Source génère de l’innovation, et que ce phénomène ne cesse de s’accélérer.

Allison Randall rappelle ainsi le principe du cercle vertueux de l’Open Source :

« Plus cet ensemble de logiciels Open Source s’impose, et plus il est possible pour quiconque de construire toutes sortes de plateformes à partir de logiciels Open Source, et plus il devient incontournable d’utiliser cette plateforme, et plus chacun doit l’utiliser, et plus cela incite davantage d’entreprises à y contribuer, et plus il y a d’entreprises qui participent à son élaboration et plus son développement croit rapidement, et donc cela continue ainsi, tel un cercle vertueux de croissance ».

Pour l’avenir, il est donc important de pérenniser cette vision d’une innovation tirée par l’Open Source et la participation, de continuer de sensibiliser les acteurs à ces enjeux, et de guider les entreprises en leur montrant les potentialités qui s’offrent à elles via plus de collaboration.

A propos d’Allison Randal:

Allison est développeuse et stratégiste Open Source, et travaille actuellement sur les stratégies Open Source chez HP. Elle est présidente de l’Open Source Initiative, membre du conseil d’administration de la Perl Foundation, et co-fondatrice du « group for open source leaders » et la FLOSS Foundation. Antérieurement, Allison a été présidente ou membre de nombreux projets et fondations Open Source (Python, Perl Foundation, Ubuntu, Canonical etc). Elle collabore également aujourd’hui aux projets Debian et OpenStack.